Choisir l’amour au-delà des préjugés

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc
Publié le 10 février 2016

Karim Abou-Taïb et Sonia Van Houtte ont dû faire face à de nombreux préjugés à cause de leur amour, différent des autres car interconfessionnel.

©Photo gracieuseté

On entend souvent le préjugé que les musulmans ne sont pas ouverts d’esprit. Pourtant, quand Sonia Van Houtte a épousé Karim Abou-Taïb, la résistance est venue de sa propre famille, pas de la sienne.

C’est une histoire d’amour digne des grands films romantiques. Sonia est partie en voyage au Maroc et y a rencontré l’amour de sa vie. Cette rencontre n’était en aucun cas prévue: la femme n’allait pas là-bas à la recherche de l’amour, et l’homme n’avait aucune envie de se marier et de quitter son petit village de l’Atlas. Pourtant, leurs deux cœurs se sont rejoints.

«Quand je suis revenue du Maroc la première fois, j’ai réalisé que j’étais amoureuse de Karim. Il m’a fallu deux mois pour me convaincre, et j’ai fini par y retourner, cette fois, pour plonger», raconte Sonia.

Cet amour a été bien accueilli par la famille de Karim, les Abou-Taïb: ils ont accueilli leur bru à bras ouverts et n’ont jamais mis de pression pour qu’elle reste au Maroc. Par contre, pour la famille de Sonia, ce fut une autre histoire. Ses parents, pourtant ouverts d’esprit, se sont inquiétés pour leur fille. Ils craignaient qu’il se serve d’elle pour venir au Québec, qu’elle soit obligée de se convertir à l’islam et qu'elle se retrouve soumise à son mari.

«Ç’a causé un froid, raconte Sonia. J’ai été quatre mois sans leur parler, alors qu’on est très proche. Ç’a été difficile, mais finalement, ils ont fini par me faire confiance.»

Un amour mis à l'épreuve

Sonia n'en veut pas à sa famille d'avoir eu peur pour elle. Elle montre plutôt du doigt la méconnaissance et la peur de l'islam en Occident. «On pense toujours aux attentats terroristes et on met tous les musulmans dans le même panier, mais dans les faits, plusieurs pays musulmans sont progressistes. C'est le cas du Maroc, justement, où le code de la famille a été réformé..» Elle ajoute que 90% des victimes des groupes terroristes comme l'État islamique, ce sont des musulmans.

Sonia ajoute avoir également éprouver la solidité de son couple en se heurtant aux administrations, tant marocaine que canadienne. C'est au bout de nombreuses tracasseries administratives que les amoureux ont finalement pu être réunis.

«J'ai trouvé très violent de devoir justifier mon amour auprès de fonctionnaires, afin que Karim obtienne son visa. Je te garantis que quand tu remets à ces gens un dossier avec tes photos intimes et ta prose d'amoureux, sans savoir s'ils ne vont pas se foutre de ta gueule puis te dire non, tu pleures!», avoue la résidente de Rockway Valley.

Par chance, l'historie finit bien: Karim est arrivé au Québec et s’est parfaitement intégré à la culture québécoise. Ça n'a pas été facile pour lui au début, mais Sonia l'a épaulé. «Je salue sa capacité d'adaptation et sa réelle ouverture aux autres. C'est grâce à ça qu'il a pu passer au travers», croit son épouse.

Le couple a maintenant un fils. Comme quoi l’amour l’emporte toujours sur la peur.