«Je suis tombée amoureuse d’un homme, pas d’une religion»

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc
Publié le 10 février 2016

Sonia Van Houtte pose ici avec son mari Karim Abou-Taïb, près du village de Tanaghmelt au Maroc d’où il est originaire.

©Photo gracieuseté

Alors que les médias parlent de l’islam surtout pour en dénoncer les fanatiques, Sonia Van Houtte apporte un tout nouvel éclairage sur cette religion.

La résidente de Rockway Valley a épousé Karim Abou-Taïb, un Marocain de confession musulmane. «Je suis tombée amoureuse d’un homme, pas d’une religion. Mais en épousant Karim, j’ai épousé l’islam», raconte-t-elle. Tous deux sont les heureux parents d’un fils, Loay.

Cette décision a causé bien du chagrin à Sonia, mais pas à cause de son mari: à cause des préjugés auxquels elle se frotte tous les jours.

«Je ne suis pas voilée, je pense par moi-même et je respecte les gens de toutes les confessions. Mais je dois constamment me dissocier des terroristes musulmans, alors que si un extrémiste chrétien commet des attentats, comme en Norvège il y a quelques années, les autres chrétiens n’ont pas à faire de même», déplore-t-elle.

Sonia dénonce aussi le climat de haine envers les musulmans, allant jusqu’à parler de propagande.

«Quelqu’un sort un livre qui pourfend l’islam et ça se vend. Par contre, on n’a jamais le contrepoids. Les médias ne racontent pas une histoire comme la mienne. J’ai parfois l’impression que je subis la même pression que si j’avais marié un Juif en Europe dans les années ’30. Et ça m’inquiète pour mon fils, que j’élève dans l’islam», dit-elle.

L’importance du respect

Sonia Van Houtte tient à remettre les pendules à l’heure concernant l’islam, qui est une religion de paix et d’amour, rappelle-t-elle.

«L’islam, c’est la continuité du judaïsme et du christianisme. On reconnaît Jésus comme prophète, mais pas comme le Fils de Dieu. D’ailleurs, quand j’ai épousé Karim, je n’ai pas eu à me convertir, car selon le Coran, une femme qui épouse un musulman n’a pas à le faire si elle est chrétienne.»

J’ai parfois l’impression que je subis la même pression que si j’avais marié un Juif en Europe dans les années ’30. Sonia Van Houtte

Vivre avec un musulman pratiquant comprend certaines règles, comme manger halal et faire Ramadan. Mais pour Sonia, ce n’est pas difficile: «Quand j’ai choisi mon mari, je prenais le package complet. Mais lui comme moi nous respectons là-dedans. Je suis moi-même croyante, Dieu est au centre de ma vie. Quand tu as le point commun de croire, que c’est le pilier sur lequel tu construis ton couple, et que tu refuses les étiquettes, ça fonctionne», avance-t-elle.

Elle conclut en rappelant une citation de Voltaire, un philosophe français du 18e siècle: «Je ne suis pas de votre avis, mais je vais me battre pour que vous puissiez l’exprimer.»