Il donne une deuxième vie aux arbres

Le sculpteur sur bois Michel Lajeunesse

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc
Publié le 19 août 2015

Le sculpteur tremblantois Michel Lajeunesse avec une de ses œuvres, lors du Symposium des arts du Domaine Saint-Bernard, le 1er août 2015.

©TC Media - Maxime Coursol

Le beau bois intéresse bien des sculpteurs, mais pas Michel Lajeunesse. Pour lui, un nœud ou une racine tordue est bien plus intéressant.

L’homme d’ailleurs ne s’en cache pas: «J’aime les imperfections dans le bois. Ce qui me plaît, c’est trouver une deuxième vie au morceau.»

Ses morceaux, qui deviennent sous ses coups des œuvres d’art, il les prélève sur des arbres morts et secs, qu’il récupère sur les rives du Réservoir Kiamika. Il peut passer des journées complètes à faire le tour de cet immense plan d’eau en bateau, à récupérer tout ce qui lui semble intéressant. Puis, le bois est amené dans son atelier à Mont-Tremblant et c’est là que le travail commence.

«Ça diffère d’un morceau à l’autre, dit l’artiste. Il y en a que je vois et que je sais tout de suite ce que je vais faire avec. Il y en a d’autres que ça prend des années avant de trouver mon inspiration.»

«Le wow à la fin vient du défi»

Le travail investit dans le morceau est lui aussi variable d’un à l’autre. Parfois, une sculpture peut être complétée en 20 heures. Pour d’autres, il en faut 150. Il arrive des fois que le matériau ne réagit pas comme le sculpteur s’y attendait sous ses coups, ce qui l’oblige à changer son fusil d’épaule. «Tout est dans le design. Il faut respecter le grain du bois, suivre ses courbes naturelles», explique-t-il.

Autre élément nécessaire à l’inspiration de Michel Lajeunesse: le défi. L’homme qui a fabriqué des enseignes commerciales en bois la majeure partie de sa vie n’est plus intéressé par la facilité: il préfère les tours de force.

«Le wow à la fin vient du défi, confie-t-il. Il faut prendre le temps et mettre des efforts. Tu bûches, mais à la fin, tu réussis ce que tu voulais faire.»

Ce qui me plaît, c’est trouver une deuxième vie au morceau. Michel Lajeunesse, sculpteur

Cela donne des pièces très spéciales, avec des visages ou des corps sculptés, soutenus par les cicatrices dans le bois. Plusieurs sont d’une grandeur monumentale, ce qui peut rendre plus difficile leur vente. Mais Michel Lajeunesse ne se préoccupe pas de cela. «J’ai commencé à vendre mes œuvres à un moment donné parce qu’il y en avait trop dans mon atelier. Moi, ça me plaît, ce que je fais. Je me fous de l’opinion publique.»

Il participe néanmoins à divers rassemblements d’artistes sculpteurs, tels le Symposium des arts du Domaine Saint-Bernard, où il exposait les 1er et 2 août. Ses œuvres ont aussi été présentées au public à la salle Alphonse-Desjardins de l’hôtel de ville de Mont-Tremblant en 2013.

Pour visiter l’atelier de Michel Lajeunesse, appelez-le au 819 717-1644.