Halte là, les travailleurs de rue sont là!

Au secours des itinérants et démunis

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc Publié le 13 mai 2015

Les travailleurs de rue du nord des Laurentides. Dans l'ordre habituel, rangée derrière: Mathieu Côté, travailleur de rue de Sainte-Agathe, Gilles Lamoureux, coordonnateur-formateur de L'Écluse, Stéphane Cardi, travailleur de rue de Saint-Sauveur, et Pierre Laporte, travailleur de rue de Mont-Laurier. Rangée devant: Émilie Rouleau, directrice de L'Écluse, et Mélanie Bolduc, travailleuse de rue de Mont-Tremblant.

©TC Média – Maxime Coursol

SOCIÉTÉ. Ils sont 11 à travers les Laurentides, n'ont pas d'horaires fixes et sont les superhéros venant en aide aux gens les plus défavorisés de notre société: ils sont les travailleurs de rue de L'Écluse.

C'est une réalité à laquelle on n'aime pas trop s'attarder, mais la toxicomanie, l'alcoolisme, la violence et l'instabilité résidentielle existent dans les Laurentides. De nombreuses ressources existent pour venir en aide aux victimes de ces maux, mais l'une d'elles reste méconnue du public: le travail de rue.

C'est justement pour mieux faire connaître ce service et le quotidien des travailleurs de rue laurentiens que L'Écluse, l'organisme veillant à offrir ce type d'aide aux gens qui en ont besoin, a créé un court documentaire de 50 minutes. Celui-ci était présenté pour la première fois cette semaine à trois endroits: Saint-Jérôme, Mont-Tremblant et Sainte-Thérèse.

Aller sur le terrain

Le visionnement de Mont-Tremblant a eu lieu le 6 mai à l'hôtel de ville. Une vingtaine de personnes, de tous les milieux mais ayant généralement un lien avec le secteur communautaire des Hautes-Laurentides, y ont assistées.

«Passé 8h le soir, il ne reste que la police et les travailleurs de rue, pour venir en aide aux gens en détresse.»

Marc-André Caron, dg du CJE des Laurentides.

Dans le documentaire, baptisé Marche un mille dans ses souliers, plusieurs intervenants s'adressent à la caméra; travailleurs de rue, mais aussi gens qui ont recouru et recours encore à ce service, ainsi que divers organismes communautaires. Tous s'entendent pour témoigner de l'importance d'une telle ressource sur le terrain.

Le directeur général du Carrefour jeunesse-emploi des Laurentides, Marc-André Caron, y tient d'ailleurs une déclaration fracassante: «Certaines personnes ne peuvent pas rentrer dans le cadre des structures qui existent. D'autant que passé 8h le soir, il ne reste que la police et les travailleurs de rue pour venir en aide aux gens en détresse.»

Aider sans juger

Contrairement aux policiers, le travailleur de rue est formé de façon à ne pas juger les gens qu'ils côtoient. Qu'ils aient des démêlés avec la justice, des dépendances ou des troubles de santé mentale, le travailleur de rue est là pour soutenir les plus démunis de la société, dans leurs réussites comme dans leurs défaites. Il s'assure de veiller sur ces gens et de faire le lien entre les différentes ressources institutionnelles et eux lorsqu'ils se sentent prêts à s'en sortir.

Pour mener à bien cette mission, le travailleur de rue doit être toujours disponible, nuit et jour, et fréquenter les mêmes endroits que la frange la plus marginale de la société: parcs, bords de rivière, bars, etc. Un véritable sacerdoce, quand on sait qu'il gagne un salaire de misère. Mais comme l'indique dans le documentaire Mathieu Côté, travailleur de rue de Sainte-Agathe, «si je peux aider une personne au moment où elle en a le plus besoin, et la mettre en lien avec ce dont elle a besoin pour qu'elle s'en sorte, c'est une victoire pour tout le monde.»

En manchette

Halte là, les travailleurs de rue sont là!

Au secours des itinérants et démunis

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc Publié le 13 mai 2015

Les travailleurs de rue du nord des Laurentides. Dans l'ordre habituel, rangée derrière: Mathieu Côté, travailleur de rue de Sainte-Agathe, Gilles Lamoureux, coordonnateur-formateur de L'Écluse, Stéphane Cardi, travailleur de rue de Saint-Sauveur, et Pierre Laporte, travailleur de rue de Mont-Laurier. Rangée devant: Émilie Rouleau, directrice de L'Écluse, et Mélanie Bolduc, travailleuse de rue de Mont-Tremblant.

©TC Média – Maxime Coursol


SOCIÉTÉ. Ils sont 11 à travers les Laurentides, n'ont pas d'horaires fixes et sont les superhéros venant en aide aux gens les plus défavorisés de notre société: ils sont les travailleurs de rue de L'Écluse.

C'est une réalité à laquelle on n'aime pas trop s'attarder, mais la toxicomanie, l'alcoolisme, la violence et l'instabilité résidentielle existent dans les Laurentides. De nombreuses ressources existent pour venir en aide aux victimes de ces maux, mais l'une d'elles reste méconnue du public: le travail de rue.

C'est justement pour mieux faire connaître ce service et le quotidien des travailleurs de rue laurentiens que L'Écluse, l'organisme veillant à offrir ce type d'aide aux gens qui en ont besoin, a créé un court documentaire de 50 minutes. Celui-ci était présenté pour la première fois cette semaine à trois endroits: Saint-Jérôme, Mont-Tremblant et Sainte-Thérèse.

Aller sur le terrain

Le visionnement de Mont-Tremblant a eu lieu le 6 mai à l'hôtel de ville. Une vingtaine de personnes, de tous les milieux mais ayant généralement un lien avec le secteur communautaire des Hautes-Laurentides, y ont assistées.

«Passé 8h le soir, il ne reste que la police et les travailleurs de rue, pour venir en aide aux gens en détresse.»

Marc-André Caron, dg du CJE des Laurentides.

Dans le documentaire, baptisé Marche un mille dans ses souliers, plusieurs intervenants s'adressent à la caméra; travailleurs de rue, mais aussi gens qui ont recouru et recours encore à ce service, ainsi que divers organismes communautaires. Tous s'entendent pour témoigner de l'importance d'une telle ressource sur le terrain.

Le directeur général du Carrefour jeunesse-emploi des Laurentides, Marc-André Caron, y tient d'ailleurs une déclaration fracassante: «Certaines personnes ne peuvent pas rentrer dans le cadre des structures qui existent. D'autant que passé 8h le soir, il ne reste que la police et les travailleurs de rue pour venir en aide aux gens en détresse.»

Aider sans juger

Contrairement aux policiers, le travailleur de rue est formé de façon à ne pas juger les gens qu'ils côtoient. Qu'ils aient des démêlés avec la justice, des dépendances ou des troubles de santé mentale, le travailleur de rue est là pour soutenir les plus démunis de la société, dans leurs réussites comme dans leurs défaites. Il s'assure de veiller sur ces gens et de faire le lien entre les différentes ressources institutionnelles et eux lorsqu'ils se sentent prêts à s'en sortir.

Pour mener à bien cette mission, le travailleur de rue doit être toujours disponible, nuit et jour, et fréquenter les mêmes endroits que la frange la plus marginale de la société: parcs, bords de rivière, bars, etc. Un véritable sacerdoce, quand on sait qu'il gagne un salaire de misère. Mais comme l'indique dans le documentaire Mathieu Côté, travailleur de rue de Sainte-Agathe, «si je peux aider une personne au moment où elle en a le plus besoin, et la mettre en lien avec ce dont elle a besoin pour qu'elle s'en sorte, c'est une victoire pour tout le monde.»