Rapport sur l’industrie de l’érable: «Ça va déstabiliser le marché»

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc
Publié le 1 mars 2016

Bernard Lapointe, acériculteur et maire d'Amherst.

©TC Media – Archives

Le rapport Gagné, déposé à l’Assemblée nationale le 11 février, soulève l’ire de nombreux acériculteurs, tant de la région que partout au Québec. Bernard Lapointe, petit producteur de sirop d’érable et maire d’Amherst, est l'un d'eux.

M. Lapointe dit ne pas comprendre les conclusions de ce rapport, qui affirme que l’industrie québécoise est en perte de croissance.

«C’est vrai qu’au niveau des parts de marché, on est passé de 80 à 70% en une dizaine d’années. Par contre, notre production a augmenté sur cette même période, de 80 à 120 millions. En plus, avec la baisse vertigineuse du dollar canadien, les Américains risquent fort de revenir au sirop québécois plutôt que d’exploiter le leur, simplement parce que l’industrie américaine sera beaucoup moins compétitive», croit-il.

Aux yeux de l’acériculteur, ce rapport est plutôt une «commande» du gouvernement provincial. «J’ai l’impression que la volonté du gouvernement est de déréglementer l’industrie de l’érable, comme il déréglemente un peu partout depuis deux ans. Il ne veut pas que les milieux soient encadrés», avance-t-il.

Il mentionne du même souffle que le ministre va s’arroger beaucoup plus de pouvoirs si les recommandations du rapport sont suivies, un peu comme Gaétan Barrette l’a fait en santé.

Les quotas visés

Que ce soit clair: M. Lapointe ne croit pas que tout le rapport Gagné devrait être jeté à la poubelle. La recommandation de créer une table tripartite entre la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, le ministère de l’Agriculture et le ministère des Ressources naturelles a «de l’allure», selon lui. C’est lorsqu’on parle d’enlever les quotas de production qu’il se braque.

«En enlevant les quotas, le prix recommencera à fluctuer énormément, selon si une année a été bonne ou pas: ça va déstabiliser le marché. Balayer 12 ans de travail d’un mouvement de main comme ça, je trouve ça cavalier», conclut l’acériculteur.

Il faut que le ministre s’assoie avec nous et qu’on trouve d’autres solutions possibles avant d’appliquer ces recommandations. Bernard Lapointe, maire d'Amherst et acériculteur

Notons qu’environ 93% de la production québécoise de sirop d’érable est exportée.

 

Pour lire la réaction des députés péquistes à cette possible déréglementation de l'industrie de l'érable, cliquez ici.