Donald Trump l'emporte

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Publié le 9 novembre 2016

Les Américains ont choisi Donald Trump pour devenir leur 45e président.

©Photo La Presse Canadienne

Envers et contre tous, le républicain Donald Trump a réussi à contrer les pronostics en devenant, mercredi, le 45e président des États-Unis.

Prenant la parole devant ses partisans à 2h50 dans la nuit, M. Trump a dit qu'il avait reçu un appel de son adversaire démocrate, Hillary Clinton, qui lui a dit qu'elle lui concédait la victoire.

Au terme de cette campagne hautement controversée et agressive, M. Trump a livré un discours conciliant et bref devant ses partisans gonflés à bloc qui étaient réunis à New York.

M. Trump a assuré qu'il serait le président de tous les Américains, ajoutant qu'il tendait la main à ceux qui n'ont pas voté pour lui pour qu'ils travaillent ensemble.

D'un ton calme et posé, le président désigné a indiqué qu'il travaillerait avec toutes les nations «équitablement» même s'il placera «les États-Unis d'abord» — citant le titre de la politique étrangère qu'il avait présentée pendant la campagne.

Plus tôt dans son allocution, M. Trump avait également eu de bons mots pour sa rivale, Hillary Clinton, «à qui on doit beaucoup de gratitude» pour son service public, a-t-il dit.

Quatre états clefs

M. Trump s'est assuré sa victoire en remportant quatre États clés dans cette élection: la Floride, l'Ohio, la Caroline du Nord et la Pennsylvanie.

La Floride et l'Ohio avaient voté pour Barack Obama en 2008 et 2012, tandis que la Caroline du Nord avait tourné au rouge en 2012, après avoir opté pour le Parti démocrate en 2008. Ce bloc d'États totalisait 62 grands électeurs.

La Pennsylvanie, avec ses 20 votes au collège électoral, était un bastion démocrate depuis des années.

Le candidat républicain a aussi gagné le Texas — qui donnait à lui seul 38 grands électeurs —  le Kentucky, l'Indiana, l'Oklahoma, la Caroline du Sud, le Tennessee, l'Alabama et la Louisiane. Il a aussi remporté le Montana, l'Arkansas — où Bill Clinton a été gouverneur et Hillary Clinton a été première dame. L'Iowa, après avoir voté deux fois pour Barack Obama, a également opté pour M. Trump.

Le républicain a gagné jusqu'ici un total de 276 grands électeurs. C'est le Wisconsin, qui n'a pas voté républicain depuis les années 1980, qui lui aura permis de compléter sa récolte. Pour remporter la présidence, un candidat doit gagner 270 votes.

Cette vague favorable à l'égard de Donald Trump a secoué les marchés. Elle a fait plonger les marchés boursiers asiatiques — l'indice Nikkei de la Bourse du Japon a chuté de 4,4 pour cent, tandis que le S&P ASX/200 de l'Australie a glissé de 2,3 pour cent. L'indice Kospi, de la Corée du Sud, a plongé de 2,5 pour cent et le Hang Seng de Hong Kong, de 2,3 pour cent. La valeur du peso mexicain a également décliné quelque peu.

Les contrats à terme pour le Dow ont chuté de 3,5 pour cent, tandis que ceux pour le S&P ont plongé de 4,1 pour cent.

De son côté, Hillary Clinton a remporté des États traditionnellement démocrates, dont celui qu'elle représentait au Sénat, New York, qui lui a permis de récolter 29 votes, et la Californie, avec ses 55 grands électeurs. Le Colorado, du Connecticut, l'Illinois, le Rhode Island, le Massachusetts, le Maryland, le New Jersey, le Delaware, et le Vermont ont également voté pour Mme Clinton.

La course était chaude en Virginie plus tôt en soirée, mais c'est finalement Mme Clinton qui a remporté cet État, dont l'un des sénateurs, Tim Kaine, est son colistier.

Le président Trump travaillera probablement avec des chambres contrôlées par le Parti républicain.

Les démocrates souhaitaient regagner le contrôle du Sénat, mais leur espoir s'amoindrit alors que les républicains ont enregistré des victoires importantes en Caroline du Nord, en Pennsylvanie et au Wisconsin.

Le Parti démocrate a réussi à faire seulement un gain. La démocrate Tammy Duckworth a repris un siège dans l'État de l'Illinois — celui dans lequel Barack Obama avait été élu avant de devenir président.

D'autres sénateurs qui se sont fait connaître dans la course à la présidence républicaine ont par ailleurs été réélus, dont Marco Rubio en Floride et Rand Paul au Kentucky. De plus, le sénateur de l'Arizona, John McCain, âgé de 80 ans, a été réélu pour un sixième mandat.

Les républicains ont également augmenté leur mainmise sur la Chambre des représentants, qui était pratiquement imprenable pour les démocrates dès le départ.

Le 45e président des États-Unis devra rassembler un peuple profondément anxieux sur l'économie et la sécurité du pays.

Hillary Clinton, qui espérait devenir la première femme présidente, avait demandé aux électeurs de garder les démocrates à la Maison-Blanche pour un troisième mandat consécutif. Elle voulait poursuivre dans la même lancée que le président Barack Obama, notamment sur les soins de santé et sur la règlementation des armes à feu.

Mme Clinton a toutefois eu du mal à convaincre les électeurs qu'elle serait digne de confiance alors que la saga sur ses courriels l'a hantée pendant la majeure partie de sa campagne. Dans les dernières semaines, la police fédérale (FBI) avait surpris tout le monde en annonçant qu'elle rouvrait son enquête sur cette affaire, mais deux jours avant l'élection, elle a annoncé qu'elle ne porterait toujours pas d'accusation contre la candidate démocrate.

Le message de son adversaire, le milliardaire Donald Trump, a trouvé écho chez les travailleurs blancs qui se sentent isolés dans une économie changeante et un pays de plus en plus diversifiés. Ses promesses d'interdire l'entrée aux musulmans et celle de construire un mur entre le Mexique et les États-Unis semblent avoir attiré ces électeurs.

Peu importe le gagnant, aucun des candidats ne semble avoir suscité l'enthousiasme chez les électeurs. Selon les sondages à la sortie des urnes, la moitié des répondants ont indiqué qu'ils avaient voté avec enthousiasme pour l'un des candidats. Le quart des répondants ont ainsi avoué qu'ils n'avaient pas voté pour un candidat mais plutôt contre un autre. En 2012, près des deux tiers des électeurs disaient avoir appuyé avec conviction un candidat.

LA PRESSE CANADIENNE