Redevances à l’enfouissement: les maires veulent un nouveau calcul

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc
Publié le 28 octobre 2016

Un camion chargé de déchets vient porter son chargement au dépotoir.

©Photo Jaggat Images

Les 20 maires de la MRC des Laurentides ont donné un appui unanime à la Ville de Mont-Tremblant, dans son combat pour obtenir plus d’argent pour sa gestion des déchets.

C’est le maire Luc Brisebois qui a confié à la MRC la tâche de mener cette bataille. Celle-ci montera un dossier pour le ministère de l’Environnement (MDDELC) en utilisant le cas type de Mont-Tremblant, afin de faire changer le calcul concernant la redistribution des redevances à l’enfouissement.

Depuis 2006, le Règlement sur les redevances exigibles pour l’élimination de matières résiduelles pénalise la région, selon les élus. Adopté dans le but de réduire les quantités de déchets envoyées au dépotoir, ce règlement donne aux municipalités des redevances pour chaque tonne métrique de déchets qui ne va pas au site d’enfouissement. Pour calculer ces redevances, on prend en considération la population d’une municipalité.

Prenons par exemple une population de 3000 habitants, qui produirait 3000 tonnes de déchets par année. Si la municipalité réussit, avec certains efforts, à faire baisser la quantité de déchets envoyée au dépotoir à 2900 tonnes, elle recevra 1186$ en redevance (11,86$ par tonne).

« Ce n’est pas équitable »

C’est justement là où le bât blesse dans la région. Comme l’indique si bien le maire Luc Brisebois: « on est pénalisé dans les redevances parce que le ministère compte juste mes 9500 résidents permanents, alors que j’ai 10 000 villégiateurs et 10 000 touristes chaque fin de semaine qui eux aussi produisent des déchets. Ce n’est pas équitable présentement. Les villégiateurs ne peuvent quand même pas ramener leurs vidanges en ville! », fulmine-t-il.

Le maire de Barkmere Luc Trépanier abonde dans le même sens. « Chez nous aussi, on compte très peu de résidents permanents. J’ai donc la même réalité. On pourrait même dire que c’est le cas pour les 20 municipalités autour de cette table. »

C’est justement ce pour quoi la MRC a pris ce dossier en main. Elle entend mettre en lumière les efforts déployés par les municipalités et les sites de villégiature, comme la Station Mont Tremblant, dans la gestion des matières résiduelles. Elle exposera aussi de manière étoffée la réalité de la région, avec ses nombreux événements qui amènent des touristes et donc, produisent des déchets supplémentaires.

Une fois le tout exposé, elle tentera d’obtenir une augmentation des redevances pour Mont-Tremblant, ce qui créerait un précédent. Comme l’indique le préfet de la MRC, Denis Chalifoux: « Si Mont-Tremblant avait gain de cause, ce sera facile de se servir de ça pour que la même situation s’applique sur l’ensemble de notre territoire. »