Registre des armes à feu : «Une dépense d’argent inutile»

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc
Publié le 29 janvier 2016

Les chasseurs de la région ne semblent pas chaud à l’idée d’un registre québécois des armes à feu.

©Photo gracieuseté - SÉPAQ

Les chasseurs des Laurentides ne veulent pas d’un nouveau registre des armes à feu.

Pour le président de l’Association chasse et pêche de Labelle, c’est clair: ses membres voient un registre québécois des armes à feu comme une aberration. «On est tous d’accord: c’est une dépense d’argent inutile. Si Québec avait obtenu les données du fédéral, ce serait une autre histoire: mais repartir à zéro, on ne voit pas à quoi ça servirait. On pourrait mettre cet argent-là bien ailleurs!», clame Claude Thibault.

Il croit également que le registre pourrait nuire au développement ou au maintien de la chasse, un sport pratiqué par une clientèle de plus en plus vieillissante. «Les plus vieux ne voudront pas se rembarquer dans toute cette paperasse-là, croit-il. Ils pourraient tout simplement lâcher la chasse. Ça risque de tuer notre économie: dans la région, la chasse, c’est une grosse montée d’argent.»

La mauvaise clientèle visée

Selon certaines informations qui ont filtré dans les médias, une des dispositions de ce nouveau registre serait le burinage des armes, quelque chose qui n’a «aucun sens», aux yeux de M. Thibault. «En plus de faire perdre de la valeur aux armes, on ne voit pas en quoi ça va prévenir les crimes», avance-t-il.

Une autre source proche du milieu des chasseurs, qui souhaite demeurer anonyme, va dans le même sens. Elle rappelle que selon plusieurs experts, la majorité des armes à feu utilisées dans des crimes ne sont pas enregistrées de toute façon. Il s’agit d’ailleurs, selon elle, bien davantage d’armes de poing et semi-automatiques que de carabines.

Si Québec avait obtenu les données du fédéral, ce serait une autre histoire: mais repartir à zéro, on ne voit pas à quoi ça servirait. On pourrait mettre cet argent-là bien ailleurs! Claude Thibault

Les politiciens demeurent prudents

Les politiciens locaux préfèrent quant à eux jouer de prudence dans ce dossier. Dans un courriel en réponse à une question de L’Information du Nord, le député péquiste de Labelle Sylvain Pagé a déclaré qu’il était «encore trop tôt pour se positionner.» Il justifie sa réponse ainsi:

«Lors de notre caucus, nous n'avons pas eu l'occasion d'entendre notre porte-parole, Stéphane Bergeron, qui devait nous faire une présentation à ce sujet. Il est présentement en Europe. De plus, il ne faut pas oublier que le débat n'a pas encore eu lieu en chambre et qu'aucun groupe n'a encore été entendu.»

M. Pagé affirme cependant être «très sensible aux préoccupations et arguments que j'ai reçus par nos concitoyens depuis quelques semaines et je les ferai entendre. Je veux donc écouter les avantages et inconvénients du projet de loi, échanger sur les différentes propositions et options qui s'offrent à nous et ensuite, je pourrai affirmer ma position.»

Le maire Luc Brisebois de Mont-Tremblant, en tant que porte-parole du service de police municipale, préfère lui aussi se taire présentement. «Nous ne ferons pas de commentaires pour l’instant. On va laisser la province statuer là-dessus et on verra ensuite», s’est-il borné à dire.

Enfin, le porte-parole de la Sûreté du Québec pour les Laurentides, Marc Tessier, a également précisé que son corps de police n’avait aucune position à ce sujet, tant que le registre ne serait pas créé.