Partenariat transpacifique: Les candidats locaux se prononcent

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc Publié le 5 octobre 2015

Les producteurs laitiers du Québec seront touchés par le Partenariat transpacifique.

©TC Media – Geneviève Quessy

L’agriculture s’est invitée dans la campagne électorale fédérale, avec la conclusion par le gouvernement Harper d’une entente avec 11 pays étrangers sur le Partenariat transpacifique (PTP).

Bien que l’industrie laitière ne semble pas peser lourd statistiquement au Québec (il n’y a que 0,5% des Québécois qui vivent de l’agriculture, tous domaines confondus), elle a obtenu toute une visibilité en apostrophant chaque parti fédéral sur l’enjeu du PTP. Les candidats dans Laurentides-Labelle n’ont pas échappé à ce petit vent de panique des producteurs laitiers.

Le NPD dénonce

Le néo-démocrate Simon-Pierre Landry a participé, le 29 septembre, au congrès de l’UPA Laurentides-Pays-d’en-Haut à La Conception. Il s’était alors prononcé en faveur de la protection de l’industrie laitière au Canada. Il persiste et signe encore aujourd’hui: «On va tout faire pour s’assurer que les fermes familiales, qui composent l’ensemble des fermes de la région, soient défendues», a-t-il martelé.

Il précise que le NPD ne se sent pas lié par cet accord signé en pleine campagne électorale et que si son parti forme le gouvernement, il sera analysé sous toutes les coutures pour s’assurer d’une protection des PME agricoles. «Ces petites entreprises sont des stabilisateurs de l’économie et permettent l’occupation du territoire: il n’est pas question de les abandonner au profit de quelques gros joueurs», assure-t-il.

Le Bloc reste méfiant

La candidate du Bloc québécois Johanne Régimbald, qui était elle aussi au congrès du 29 septembre, s’est dite en faveur de la protection intégrale de la filière agroalimentaire. Elle a rappelé que son parti épouse la position de la souveraineté alimentaire: celle-ci vise à maintenir l’industrie existante et à développer davantage la production et la transformation d’aliments au Québec.

«C’est une question d’autosuffisance,  a déclaré Mme Régimbald. Ici, dans Laurentides-Labelle, il y a de la relève sur les fermes, et beaucoup d’emplois dépendent de l’industrie laitière, avec la Laiterie des Trois-Vallées et l’usine de Saputo à Mont-Laurier. Le gouvernement conservateur promet d’indemniser nos producteurs pour leurs pertes, d’assurer la stabilité de leur revenu pour les 10 prochaines années. Mais s’ils ne sont pas intégralement indemnisés et si la stabilité de leur revenu n’est pas entièrement protégée, le Bloc s’opposera vigoureusement à cette entente.»

Les conservateurs applaudissent

Le candidat conservateur Sylvain Charron est loin de partager les inquiétudes de ses opposants. «C’est une bonne nouvelle pour le Canada et les producteurs, lance-t-il tout de go. Nous gardons le modèle de la gestion de l’offre, tout en ouvrant à nos producteurs un tout nouveau marché.»

Il assure que les producteurs laitiers verront leurs pertes compensées pendant les 10 prochaines années par le gouvernement fédéral, et ne croit pas que cela se traduira par une baisse de la production au Canada. «Cet accord est excellent pour les producteurs de la région et il amènera de nouveaux débouchés pour le commerce extérieur, pas juste en agriculture. Ça créera des emplois pour nos enfants!», soutient-il.

Les libéraux restent prudents

Du côté du candidat libéral David Graham, la prudence est de mise. Rappelant que son parti est en faveur du libre-échange, il dit croire que le PTP pourrait apporter d’importants bénéfices à plusieurs secteurs de l’économie du Canada. Sur la gestion de l’offre, il maintient cependant qu’il faut rester vigilant et promet aux producteurs des Laurentides qu’ils pourront lui faire confiance pour défendre leurs intérêts.

«Comme le rappelait notre chef Justin Trudeau à la télévision de Radio-Canada à la veille de l'annonce de l’entente, on ne peut pas faire semblant que le monde est un marché ouvert en matière d'agriculture. Tous les différents pays protègent leurs agriculteurs… Nous, on a un système très efficace […], alors oui, on va le défendre… », mentionne-t-il.

Rappelons que le PTP permettra aux entreprises étrangères d’exporter des produits laitiers au Canada. Pour 10 000 cartons de lait accessibles dans nos épiceries, il y en aura 325 qui pourront provenir de l’extérieur du pays.

En manchette

Partenariat transpacifique: Les candidats locaux se prononcent

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc Publié le 5 octobre 2015

Les producteurs laitiers du Québec seront touchés par le Partenariat transpacifique.

©TC Media – Geneviève Quessy


L’agriculture s’est invitée dans la campagne électorale fédérale, avec la conclusion par le gouvernement Harper d’une entente avec 11 pays étrangers sur le Partenariat transpacifique (PTP).

Bien que l’industrie laitière ne semble pas peser lourd statistiquement au Québec (il n’y a que 0,5% des Québécois qui vivent de l’agriculture, tous domaines confondus), elle a obtenu toute une visibilité en apostrophant chaque parti fédéral sur l’enjeu du PTP. Les candidats dans Laurentides-Labelle n’ont pas échappé à ce petit vent de panique des producteurs laitiers.

Le NPD dénonce

Le néo-démocrate Simon-Pierre Landry a participé, le 29 septembre, au congrès de l’UPA Laurentides-Pays-d’en-Haut à La Conception. Il s’était alors prononcé en faveur de la protection de l’industrie laitière au Canada. Il persiste et signe encore aujourd’hui: «On va tout faire pour s’assurer que les fermes familiales, qui composent l’ensemble des fermes de la région, soient défendues», a-t-il martelé.

Il précise que le NPD ne se sent pas lié par cet accord signé en pleine campagne électorale et que si son parti forme le gouvernement, il sera analysé sous toutes les coutures pour s’assurer d’une protection des PME agricoles. «Ces petites entreprises sont des stabilisateurs de l’économie et permettent l’occupation du territoire: il n’est pas question de les abandonner au profit de quelques gros joueurs», assure-t-il.

Le Bloc reste méfiant

La candidate du Bloc québécois Johanne Régimbald, qui était elle aussi au congrès du 29 septembre, s’est dite en faveur de la protection intégrale de la filière agroalimentaire. Elle a rappelé que son parti épouse la position de la souveraineté alimentaire: celle-ci vise à maintenir l’industrie existante et à développer davantage la production et la transformation d’aliments au Québec.

«C’est une question d’autosuffisance,  a déclaré Mme Régimbald. Ici, dans Laurentides-Labelle, il y a de la relève sur les fermes, et beaucoup d’emplois dépendent de l’industrie laitière, avec la Laiterie des Trois-Vallées et l’usine de Saputo à Mont-Laurier. Le gouvernement conservateur promet d’indemniser nos producteurs pour leurs pertes, d’assurer la stabilité de leur revenu pour les 10 prochaines années. Mais s’ils ne sont pas intégralement indemnisés et si la stabilité de leur revenu n’est pas entièrement protégée, le Bloc s’opposera vigoureusement à cette entente.»

Les conservateurs applaudissent

Le candidat conservateur Sylvain Charron est loin de partager les inquiétudes de ses opposants. «C’est une bonne nouvelle pour le Canada et les producteurs, lance-t-il tout de go. Nous gardons le modèle de la gestion de l’offre, tout en ouvrant à nos producteurs un tout nouveau marché.»

Il assure que les producteurs laitiers verront leurs pertes compensées pendant les 10 prochaines années par le gouvernement fédéral, et ne croit pas que cela se traduira par une baisse de la production au Canada. «Cet accord est excellent pour les producteurs de la région et il amènera de nouveaux débouchés pour le commerce extérieur, pas juste en agriculture. Ça créera des emplois pour nos enfants!», soutient-il.

Les libéraux restent prudents

Du côté du candidat libéral David Graham, la prudence est de mise. Rappelant que son parti est en faveur du libre-échange, il dit croire que le PTP pourrait apporter d’importants bénéfices à plusieurs secteurs de l’économie du Canada. Sur la gestion de l’offre, il maintient cependant qu’il faut rester vigilant et promet aux producteurs des Laurentides qu’ils pourront lui faire confiance pour défendre leurs intérêts.

«Comme le rappelait notre chef Justin Trudeau à la télévision de Radio-Canada à la veille de l'annonce de l’entente, on ne peut pas faire semblant que le monde est un marché ouvert en matière d'agriculture. Tous les différents pays protègent leurs agriculteurs… Nous, on a un système très efficace […], alors oui, on va le défendre… », mentionne-t-il.

Rappelons que le PTP permettra aux entreprises étrangères d’exporter des produits laitiers au Canada. Pour 10 000 cartons de lait accessibles dans nos épiceries, il y en aura 325 qui pourront provenir de l’extérieur du pays.