Terres agricoles hors de prix: «C’est inquiétant pour la relève»

-François Handfield

Maxime Coursol maxime.coursol@tc.tc
Publié le 8 septembre 2015

Le président de l’UPA Laurentides-Pays-d’en-Haut, François Handfield.

©Photo gracieuseté - Valerie Charlebois

La hausse vertigineuse du prix des terres en culture dans les Laurentides inquiète les différents acteurs du milieu agricole de la région.

Selon un rapport de la Financière agricole du Québec (voir autre texte), la moyenne de la valeur des terres protégées par le zonage agricole a augmenté de 34% en 2014 dans la grande région des Laurentides. Cela concerne principalement les Basses-Laurentides, qui subissent une pression énorme au plan de la valeur foncière. Mais le «nord» est également touché par cette hausse.

Comment expliquer qu’une terre agricole vaut si cher, alors qu’il y a de moins en moins d’agriculteurs et de relève dans ce domaine? La faute revient à la spéculation, selon le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) Laurentides-Pays-d’en-Haut, François Handfield.

«On voit de plus en plus de gentlemen farmers qui sont prêts à payer très cher pour une terre arable, et ce partout au Québec. Par contre, ce ne sont pas eux qui gagnent leur vie avec l’agriculture, c’est plutôt un loisir. Ça pose un tort considérable à ceux qui sont vraiment intéressés à se lancer en affaires dans le domaine, car les terres deviennent hors de prix», déplore-t-il.

Un système à revoir

M. Handfield montre également du doigt l’ensemble de la taxation foncière pour les terres cultivables. Selon lui, elle doit être à revoir d’un bout à l’autre.

«C’est le marché qui dicte les prix, mais il ne prend pas du tout en compte la valeur agronomique des terres. Résultat, la terre vaut trop cher par rapport à ce qu’elle nous rapporte. C’est inquiétant pour la relève, car presque personne n’a les moyens d’investir des centaines de milliers de dollars sur une terre agricole, alors que le revenu qu’il en tirera sera modeste», avance-t-il.

La hausse vertigineuse de la valeur des terres agricoles préoccupe également la MRC des Laurentides, elle qui a lancé il y a tout juste un an son plan de développement de la zone agricole.

Le responsable du dossier, Jean-Michel Archambault-Cyr, avoue cependant qu’on ne peut faire grand-chose actuellement pour contrer cette tendance. «C’est un véritable enjeu, mais c’est très délicat de s’investir dans le marché. De plus, les moyens pour protéger la relève agricole ne sont clairement pas de notre ressort.»

Pour l’instant, la MRC se concentre sur son projet de banque de terres, croyant que c’est la meilleure façon de favoriser les jeunes cultivateurs.