Taxes foncières sur les terres agricoles: «Il faut agir!»

-François Handfield

Publié le 8 septembre 2015

La relève sur les fermes est en péril dans les Hautes-Laurentides, étant donné la demande très importante pour des terres agricoles sur le marché.

©TC Media - Maxime Coursol

Imaginez un Québec sans fermiers, où 100% de la nourriture dans nos assiettes proviendrait de l’étranger. C’est, ultimement, ce qui pourrait arriver si rien n’est fait pour soutenir les agriculteurs de la province.

Les producteurs agricoles vivent des jours sombres présentement au Québec. Après une réduction de 151 millions du budget alloué au ministère provincial de l’Agriculture (MAPAQ) en mars, voilà qu’ils pourraient devoir payer pleinement leurs taxes foncières à leurs municipalités.

La Commission de révision permanente des programmes a remis le 31 août au gouvernement provincial un rapport, où elle fait plusieurs recommandations. Parmi celles-ci, les médias ont parlé abondamment de la fin du monopole de la SAQ. Mais une autre d’entre elles consistait à abolir le Programme de crédit de taxes foncières agricoles dans une refonte de l’aide accordée aux agriculteurs. Cette recommandation a fait bondir le président de l’UPA Laurentides-Pays-d’en-Haut, François Handfield.

«On voit que les libéraux sont vraiment déconnectés de la réalité agricole, a-t-il lancé. On a besoin d’une terre pour faire notre métier, et avec la spéculation sur les terres agricoles présentement, elles valent beaucoup trop cher. Les producteurs, on a besoin de ce programme!»

30 636$ par an

Le Programme de crédit de taxes foncières agricoles offre aux fermiers une aide financière en payant une bonne partie de leurs taxes municipales, à condition que leur terre soit en culture.

Pour mettre ça concret, disons qu’une terre cultivée est évaluée à un million de dollars sur le marché, et que la municipalité où elle se situe a un taux de taxation de 1$ par tranche de 100$ d’évaluation. L’agriculteur devrait donc payer à sa municipalité 10 000$ par année en taxes. Toutefois, la majorité des fermiers ont un revenu assez modeste: en 2012, le revenu agricole annuel moyen était de 30 636$ au pays, selon Agriculture Canada. On comprend aisément la difficulté pour un producteur agricole de payer un compte de taxes si élevé.

Trop peu

Évidemment, il ne s’agit que d’une recommandation présentement, et rien ne prouve que le gouvernement modifiera bel et bien le programme. Mais François Handfield est d’avis qu’il vaut mieux s’opposer tout de suite à l’idée. «Il faut agir, dit-il. Le gouvernement a coupé 14% du budget du MAPAQ et il n’a rien fait pour soutenir l’agriculture, à part donner 9 millions aux producteurs biologiques. 9 millions, c’est bien, mais ça reste pas grand-chose!», conclut-il.

 

L’agriculture en chiffres

42 000

Nombre de Québécois qui ont fait de l’agriculture un métier.

29 000

Nombre d’entreprises agricoles établies sur le territoire québécois.

2%

Pourcentage de la superficie totale du Québec consacrée à l’agriculture.

En manchette

Appel à la population: crimes à caractère sexuel

SAINT-JÉRÔME. Le Service des enquêtes sur les crimes majeurs de la Sûreté du Québec, en collaboration avec le Service de police de Saint-Jérôme, demande l’aide du public afin de recueillir des informations sur Dominic Bondu de Blainville.

Taxes foncières sur les terres agricoles: «Il faut agir!»

-François Handfield

Publié le 8 septembre 2015

La relève sur les fermes est en péril dans les Hautes-Laurentides, étant donné la demande très importante pour des terres agricoles sur le marché.

©TC Media - Maxime Coursol


Imaginez un Québec sans fermiers, où 100% de la nourriture dans nos assiettes proviendrait de l’étranger. C’est, ultimement, ce qui pourrait arriver si rien n’est fait pour soutenir les agriculteurs de la province.

Les producteurs agricoles vivent des jours sombres présentement au Québec. Après une réduction de 151 millions du budget alloué au ministère provincial de l’Agriculture (MAPAQ) en mars, voilà qu’ils pourraient devoir payer pleinement leurs taxes foncières à leurs municipalités.

La Commission de révision permanente des programmes a remis le 31 août au gouvernement provincial un rapport, où elle fait plusieurs recommandations. Parmi celles-ci, les médias ont parlé abondamment de la fin du monopole de la SAQ. Mais une autre d’entre elles consistait à abolir le Programme de crédit de taxes foncières agricoles dans une refonte de l’aide accordée aux agriculteurs. Cette recommandation a fait bondir le président de l’UPA Laurentides-Pays-d’en-Haut, François Handfield.

«On voit que les libéraux sont vraiment déconnectés de la réalité agricole, a-t-il lancé. On a besoin d’une terre pour faire notre métier, et avec la spéculation sur les terres agricoles présentement, elles valent beaucoup trop cher. Les producteurs, on a besoin de ce programme!»

30 636$ par an

Le Programme de crédit de taxes foncières agricoles offre aux fermiers une aide financière en payant une bonne partie de leurs taxes municipales, à condition que leur terre soit en culture.

Pour mettre ça concret, disons qu’une terre cultivée est évaluée à un million de dollars sur le marché, et que la municipalité où elle se situe a un taux de taxation de 1$ par tranche de 100$ d’évaluation. L’agriculteur devrait donc payer à sa municipalité 10 000$ par année en taxes. Toutefois, la majorité des fermiers ont un revenu assez modeste: en 2012, le revenu agricole annuel moyen était de 30 636$ au pays, selon Agriculture Canada. On comprend aisément la difficulté pour un producteur agricole de payer un compte de taxes si élevé.

Trop peu

Évidemment, il ne s’agit que d’une recommandation présentement, et rien ne prouve que le gouvernement modifiera bel et bien le programme. Mais François Handfield est d’avis qu’il vaut mieux s’opposer tout de suite à l’idée. «Il faut agir, dit-il. Le gouvernement a coupé 14% du budget du MAPAQ et il n’a rien fait pour soutenir l’agriculture, à part donner 9 millions aux producteurs biologiques. 9 millions, c’est bien, mais ça reste pas grand-chose!», conclut-il.

 

L’agriculture en chiffres

42 000

Nombre de Québécois qui ont fait de l’agriculture un métier.

29 000

Nombre d’entreprises agricoles établies sur le territoire québécois.

2%

Pourcentage de la superficie totale du Québec consacrée à l’agriculture.