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3 août 2018

Au lac Rougeaud à Saint-Faustin-Lac-Carré

Des résidents répètent ne pas vouloir des résidences de tourisme

Des résidants d’une zone contiguë au lac Rougeaud à Saint-Faustin-Lac-Carré réitèrent leur opposition à l’établissement de nouvelles résidences de tourisme dans leur secteur.

Yves Rouleau , journaliste

Comme chaque fois qu’il est question de résidence de tourisme, de nombreux citoyens intéressés par la question se sont déplacés.
Comme chaque fois qu’il est question de résidence de tourisme, de nombreux citoyens intéressés par la question se sont déplacés.
© Photo L'Information du Nord - Mont-Tremblant

Une vingtaine de résidents ont profité d’une réunion de consultation publique sur un nouveau règlement amendant des dispositions sur les usages conditionnels touchant les résidences de tourisme à Saint-Faustin-Lac-Carré pour réitérer qu’ils ne veulent plus de ce type d’exploitation dans leur voisinage.

Les résidents ont exprimé leur mécontentement en constatant que leur secteur (VC-566) serait maintenu comme zone permise pour les résidences de tourisme. Leur déception a paru d’autant plus grande que le nouveau règlement limite, sur l’ensemble du territoire, les secteurs autorisés pour de telles exploitations en plus d’en resserrer les critères d’admissibilité.

« En ajoutant des chalets où il sera possible d’exploiter une résidence de tourisme, vous amplifier le problème. Il y a déjà dix chalets dans cette situation dans le secteur et c’est très problématique », a soutenu un résident du secteur.

« Si VC-566 est maintenu comme zone d’exploitation des résidences de tourisme, c’est certain qu’on va le contester », a assuré un autre résidant.

Les résidents ont en outre exprimé leur découragement face à la règle du droit acquis. Celle-ci fait en sorte qu’il est impossible de mettre fin à l’exploitation d’une résidence touristique, même si elle jugée importune par les citoyens d'un secteur.

« Le droit acquis est hors de notre juridiction », a réitéré le directeur général de la municipalité Gilles Bélanger.

Le directeur de l’urbanisme Julien Bourgon a précisé que le droit acquis ne pouvait être révoqué qu’en cas où il est démontré que l’usage permis est dénaturé.

Un compromis

Par ailleurs, le président du Regroupement des associations de lac (RAL) Pierre Cossette a rappelé que son association avait fait circuler une pétition dans la municipalité demandant l’interdiction complète des résidences de tourisme sur l’ensemble du territoire.

« Ce qui est présenté dans le nouveau règlement n’est pas exactement ce que l’on demandait, mais c’est tout de même une amélioration. On trouve au RAL que c’est un bon compromis », a-t-il souligné.

M. Cossette a ajouté que la réaction des citoyens du secteur touché au lac Rougeaud avait néanmoins démontré que ces derniers ne voulaient pas de compromis en ce qui les concernait.

Prenant la parole lors de l’assemblée, le maire Pierre Poirier a affirmé que l’opposition des citoyens du lac Rougeaud « avait été bien entendue et notée » par les élus municipaux.

Le maire a indiqué que le projet de règlement amendant les usages conditionnels pourrait être soumis à l’approbation du conseil municipal dès l’assemblée régulière du mois d’août, après avoir été discuté préalablement en caucus. 

Néanmoins, il est loin d’être certain que le scénario sera tel. Il a expliqué que certaines modifications pourraient être apportées à l’issue du caucus. Éventuellement, le nouveau règlement pourrait aller jusqu’à l’ouverture d’un registre et même la tenue d’un référendum, comme le prévoit la loi.

Les Faustilacois appelés à signaler les infractions

Par ailleurs, de manière unanime, les dirigeants municipaux, les élus, des membres d’un comité ad hoc mis sur pied pour discuter des questions touchant les résidences de tourisme ont demandé à la population de signaler les violations des règlements touchant les résidences de tourisme de même que les cas de nuisance publique auprès de l’agence de sécurité privée Garda embauchée par la municipalité.

« Il faut signaler les infractions. Sinon, la municipalité se rend au tribunal, paie un avocat, demande à ses employés de se présenter en cour, mais si la personne qui a fait la plainte ne vient pas, le juge nous dit, vous n’avez pas de témoin, votre cause ne tient pas », a relaté le maire Poirier.

Ce dernier a dit comprendre qu’il n’est pas agréable pour les gens de se déplacer pour se rendre au tribunal. Toutefois, en appelant Garda, a-t-il précisé, ceux-ci vont effectuer un constat qui pourra être utilisé au tribunal. « Si vous voulez qu’on règle le problème, il faut que vous nous aidiez », a-t-il conclu.

Lors de l’assemblée, des personnes présentes ont indiqué qu’elles avaient hésité à faire un appel téléphonique en pleine nuit ou encore avaient renoncé à faire une plainte après coup.

Garda est en service les fins de semaine. Or, le directeur général Gilles Bélanger a indiqué que depuis le début de son mandat, l’agence ne lui avait signalé que deux plaintes. « Ce n’est pas tant que ça… », a-t-il mentionné. Dans un cas, des personnes faisaient jouer la musique à fort volume. Lorsqu’avisées, les personnes ont collaboré en baissant le volume. Dans un autre cas, Garda a effectué un constat, mais n’a pu déterminer avec précision d’où émanait le problème.

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Yves Rouleau , journaliste

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