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10 juillet 2018

Médecin et citoyen engagé

L’heure de la retraite a sonné pour David Curtis

Toute une génération file à la retraite et la profession médicale n’y échappe pas. La région de Mont-Tremblant, qui de l’avis de plusieurs manque déjà de médecins, perd ces jours-ci un autre membre de la profession.

Yves Rouleau , journaliste

Le docteur David Curtis va ranger son stéthoscope après 46 ans de pratique à Mont-Tremblant. « Je veux remercier les résidents de la région de Mont-Tremblant du fond du cœur de m’avoir permis de les accompagner dans leurs tribulations et bonheurs de la vie ».
Le docteur David Curtis va ranger son stéthoscope après 46 ans de pratique à Mont-Tremblant. « Je veux remercier les résidents de la région de Mont-Tremblant du fond du cœur de m’avoir permis de les accompagner dans leurs tribulations et bonheurs de la vie ».
© Photo L'Information du Nord - Yves Rouleau

Le docteur David Curtis a annoncé à ses patients il y a quelques mois qu’il rangeait son stéthoscope. Le médecin de famille de 74 ans veut écouler paisiblement auprès de sa famille le reste de sa vie tout en prenant soin de sa propre santé.

Le Tremblantois né à Toronto a en outre été un citoyen engagé dans la communauté. En plus de suivre ses quelque 1500 patients, il a siégé pendant huit ans au conseil municipal de Saint-Jovite, a été président de la Fiducie du Domaine Saint-Bernard et s’est impliqué au sein de l’association du lac Ouimet.

« Vous savez que je ne parlais pratiquement pas un mot de français lors je suis arrivé à Saint-Jovite (Mont-Tremblant) en 1972 », indique le médecin qui s’est promené aux quatre coins du Canada durant sa jeunesse, au rythme des déménagements de son père, employé de banque.

« Je suis arrivé dans la région avec mon dictionnaire anglais-français. Je m’efforçais d’être très attentif lorsque mes patients me parlaient », dit-il.

Doué pour les langues, il estime n’avoir mis que trois mois à comprendre et à s’exprimer en français convenablement.

« J’ai toujours été ouvert aux différentes cultures. J’adore le fait de vivre au Québec, de tremper dans la langue française et la culture québécoise. Je suis un francophile », relate-t-il.

Le fait que sa conjointe, Huguette Larose, soit une francophone qui a passé une partie de sa jeunesse à Lac-des-Seize-Iles a favorisé son intégration dans la région et au sein d’une communauté francophone.

Engagement

D’abord submergé par sa pratique médicale, le docteur Curtis a peu à peu trouvé le temps de s’intéresser à sa communauté d’adoption.

Il s’est d’abord impliqué dans l’association du lac Ouimet, ce qui l’a mené à s’intéresser aux affaires municipales et éventuellement d’accéder au conseil municipal de Saint-Jovite, une expérience qu’il a adorée.

« J’aime la politique. J’ai même songé à me présenter à la mairie de Saint-Jovite, mais j’y ai renoncé essentiellement pour des raisons familiales », dit-il.

Des médecins d’aujourd’hui, il dit les trouver moins près de leurs patients. « Je prenais le temps d'écouter mes patients. L’écoute était au cœur de ma pratique », dit-il.

« J’ai travaillé des semaines de 90 heures. Les médecins d’aujourd’hui font plutôt 35 heures. De nos jours, le patient est passé dans une machine qui n’existait, à mon époque, que dans les livres de science-fiction », mentionne-t-il.

Durant sa retraite, le docteur Curtis veut écouler du temps avec sa famille, se garder en forme physiquement en pratiquant divers sports et mentalement en jouant de la musique.

 

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Yves Rouleau , journaliste

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