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8 janvier 2018

Route 117: « Force est de reconnaître que la sécurité n’y est plus au nord de Labelle »

Par Simon Dominé/Le Courant. Le député de Labelle, Sylvain Pagé, et le président de SOS 117, Pierre Flamand, réclament que le gouvernement honore enfin ses engagements de 2011 et prenne au sérieux la sécurité des Québécois qui voyagent entre Mont-Laurier et Labelle.

La route 117 a fait sa première victime de l’année à Labelle, le 2 janvier. Pour le député Sylvain Pagé, c’est une nouvelle preuve que le gouvernement doit enfin prendre au sérieux la sécurité des Québécois entre Mont-Laurier et Labelle.
La route 117 a fait sa première victime de l’année à Labelle, le 2 janvier. Pour le député Sylvain Pagé, c’est une nouvelle preuve que le gouvernement doit enfin prendre au sérieux la sécurité des Québécois entre Mont-Laurier et Labelle.
© Photo Archives – Code Rouge Mont-Laurier

La 117 continue à mériter son surnom de « sang 17 ». Le 2 janvier, elle a ajouté un nouveau nom à la longue liste de ses victimes, alors qu’une femme de 71 ans a perdu la vie dans un accident à Labelle. Invité à réagir, le maire de Lac-des-Écorces et président de SOS 117 a déclaré que le tronçon de la route 117 entre Mont-Laurier et Labelle est le plus meurtrier au Québec. Entre 2011 et 2016 seulement, il y a dénombré 26 décès.

« Comment se fait-il qu’aujourd’hui, on hésite encore à nous livrer une route qui devrait être conforme aux standards des années 2000? », se demande quant à lui M. Pagé. « Force est de reconnaître que la sécurité n’y est plus au nord de Labelle », ajoute-t-il.

À quelques jours d’une rencontre de travail prévue avec le bureau régional du ministère des Transports, à Saint-Jérôme, les deux hommes se demandent à quoi ils doivent s’attendre.

En septembre 2017, ils avaient eu la désagréable surprise d’apprendre que le ministère envisageait de revoir à la baisse ses ambitions pour corriger le tracé de la 117 entre Labelle et Mont-Laurier. Accompagnés du préfet adjoint de la MRC d’Antoine-Labelle, Gilbert Pilote, de l’ancienne mairesse de Rivière-Rouge, Déborah Bélanger, ainsi que de l’attachée politique de la ministre responsable de la région des Laurentides, Vicki Émard, ils avaient adressé une fin de non-recevoir aux fonctionnaires du ministère. « Spontanément, ç’a été un non catégorique de tout le monde », a expliqué M. Pagé.

Ce qui a été promis

Les démarches pour moderniser le tronçon Mont-Laurier-Labelle ne datent pas d’hier. Un compromis semblait avoir été trouvé le 18 avril 2011, date à laquelle Norman McMillan, alors ministre délégué aux Transport, avait annoncé au nom du gouvernement Charest la réalisation prochaine de travaux d’envergure.

En premier lieu, l’aménagement d’une route à quatre voies entre Labelle et Rivière-Rouge. En second lieu, l’ajout de 12 km de voies auxiliaires et la correction de trois courbes dangereuses entre Rivière-Rouge et Lac-des-Écorces. Enfin, le prolongement du boulevard urbain de Mont-Laurier jusqu’à la sortie sud du village de Lac-des-Écorces.

D’après M. Pagé, le coût de ce chantier majeur pour les Hautes-Laurentides serait estimé à plus ou moins 200 millions de dollars.

Pas de compromis sur le compromis de 2011

Dans les faits, cet engagement formel du gouvernement est resté lettre morte. Après la chute du gouvernement Charest et l’éphémère gouvernement Marois, les libéraux ont repris le pouvoir en 2014. L’objectif du déficit zéro par le gouvernement de Philippe Couillard a fait en sorte de geler tous les projets d’envergure dans les Hautes-Laurentides. Il aura fallu attendre 2017 pour voir plusieurs d’entre eux être annoncés: réfection du pont Ceizur, déménagement du Centre d’exposition de Mont-Laurier ou encore le rétablissement du lien entre Mont-Tremblant et Saint-Faustin-Lac-Carré pour les motoneigistes.

Sylvain Pagé et Pierre Flamand estiment avoir été « bons joueurs » et respecté les priorités du gouvernement, mais préviennent qu’« il n’est pas question qu’on accepte moins que notre compromis ».

Le député péquiste de Labelle croit que le temps est enfin venu pour le gouvernement d’honorer sa parole : « Là, le gouvernement a coupé beaucoup, maintenant il est en surplus budgétaire, il fait des annonces, il réinvestit. Nous, on dit: compte tenu que vous avez déjà annoncé, réinvestissez où vous avez gelé. »

« Moi, je suis vraiment écœuré d’être un citoyen de seconde classe. (…). Ce qu’on exige, c’est que le gouvernement se compromette sur les annonces faites en 2011 et que le ministre des Transports vienne ici pour nous dire : “nous allons reprendre ce qui avait été annoncé en 2011” », conclut M. Pagé.

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