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Un nonagénaire attaqué par un autre patient

Atteint de la maladie d'Alzheimer


Publié le 2 août 2017

De retour à la maison, M. Dunberry soigne son bras et sa main gauches sévèrement amochés lors de l’agression dont il a été victime. De gauche à droite, son épouse et ses filles Francine (au centre) et Suzanne (à droite).

©Photo TC Media - René-Pierre Beaudry

La nouvelle a paru dans les médias nationaux le mardi 25 juillet dernier : Guy Dunberry, 94 ans, un résident  de l’unité prothétique (verrouillée pour éviter les fugues) du pavillon Philippe-Lapointe, à l’hôpital de Sainte-Agathe-des-Monts, a été victime en soirée du 19 juillet d’une deuxième agression de la part d’un patient d’une chambre voisine et reconnu pour être violent à répétition vis-à-vis de l’un ou l’autre des 11 autres résidents de cette unité spéciale.

Le surlendemain, par mesure de sécurité, les cinq filles de M. Dunberry ont retiré leur papa de ce CHSLD où il résidait depuis un an, pour le reconduire à la maison familiale. Les Dunberry ont décidé de ne le ramener à Philippe-Lapointe tant et aussi longtemps que la direction de l’établissement n’aura pas pris les mesures appropriées – logiques, selon la famille - pour corriger la situation. Depuis lors, les sœurs Dunberry se relaient tour à tour pour épauler leur maman de 90 ans qui veille au chevet de son mari.

Nous sommes très conscients que nous avons un lien de confiance à rétablir avec la famille (Dunberry).

Alain Paquette, porte-parole du CISSS des Laurentides

Multiples agressions

Selon les dires de Suzanne Dunberry, une des hypothèses envisagées par la direction serait de déménager son père dans une des deux autre unités – non-prothétiques – de 30 résidents trois ou quatre fois plus vastes que celle où vivait M. Dunberry jusqu’à la deuxième attaque qu’il a subie la semaine dernière. « Mon père ne peut être déménagé ailleurs parce qu’il serait constamment perdu si on l’installait dans une des deux autres unités », d’expliquer Suzanne. « Pourquoi déplacer la victime dans un nouvel environnement stressant alors qu’il serait plus normal de déménager ailleurs – dans une unité psychiatrique peut-être - le résident auteur de multiples agressions? De source sûre, le monsieur violent a commis au moins sept gestes du genre. »

Rappelons qu’après avoir déjà été saisi à la gorge par le résident à l’origine de plusieurs agressions, M. Dunberry a perdu l’usage de sa main gauche quand le même individu le lui a violemment tordu le bras. Depuis, affaibli par la blessure, il a perdu l’autonomie qui lui restait en dépit de son âge avancé et il ne peut dorénavant se déplacer qu’en fauteuil roulant.

Suzanne Dunberry termine en ajoutant que « le personnel traitant et les préposés ne sont absolument pas en cause. Bien au contraire, ils effectuent un travail admirable auprès des résidents qui ont tous des déficits cognitifs. »

Lien de confiance

« Les résidents de l’unité prothétique du pavillon Philippe-Lapointe sont toutes des personnes qui, à différents degrés, ont des profils similaires, avec des atteinte cognitives sévères… Plusieurs scénarios sont présentement à l’étude concernant M. Dunberry et la situation à l’unité où il est résident », répond Alain Paquette, de la direction générale des communications au CISSS.

M. Paquette ajoute que la Commissaire aux plaintes et à la qualité des services mène elle aussi son enquête et qu’elle fera éventuellement ses recommandations. « Elle interroge les membres des familles, du personnel ainsi que la direction », poursuit-il.

« Nous sommes très conscients que nous avons un lien de confiance à rétablir avec la famille (Dunberry). Nous avons le défi de demeurer en constante communication avec ses membres et de les associer aux solutions les meilleures pour leur parent. »

Alain Paquette continue en rappelant que la veille (mercredi 26 juillet), la direction de l’établissement avait communiqué avec chacune des familles qui ont un proche hébergé (au pavillon Philippe-Lapointe) pour leur dire ce qui s’est passé et qu’on était à étudier différents scénarios de solution.

Le chargé des communications du CISSS n’a pas été en mesure de nous fournir une date où une décision sera rendue dans cette affaire.