Le Festival de la Rouge ferme les livres

Après neuf ans


Publié le 13 mars 2017

Le chanteur Éric Lapointe, lors de son premier passage à Nominingue en aout 2010 dans le cadre du Festival de la Rouge. Maintenant, mars 2017, le festival tire sa révérence.

©TC Media - Ronald Mc Gregor

Le conseil d’administration du Festival de la Rouge de Nominingue a confirmé le 13 mars qu’il met fin à ses activités et se place sous la protection de la loi de la faillite et d’insolvabilité.

«C’est un exploit d’avoir maintenu en vie, sous respirateur artificiel, ce Festival», dit la présidente des Gardiens du patrimoine, l’organisme chapeautant le festival, Sylvie Constantin. «Toujours sans subventions, l’organisation a réussi à payer une grande partie de la dette initiale et par le fait même, offert aux commerçants et à la région une visibilité par l’achalandage des visiteurs et touristes qui y circulaient pendant ces 9 soirées spectacles. Aussi, les différents gouvernements ont profité de cette opportunité de bénéficier de retour de taxes non négligeables.»

Créé en 2008, le Festival de la Rouge est devenu rapidement l’événement culturel le plus important de la région et chaque année, l’événement rassembleur le plus remarqué. Neuf soirs de spectacles avec une moyenne de 6000 chaque été, c’est peu commun dans les Hautes-Laurentides.

Année après année, les bénévoles ont fait des miracles, mais rien ne pouvait contrer le déficit engendré par la fraude de 2010.

«Pour la première fois, le ministère du Tourisme annonce cette année un programme de subvention pour les petits événements culturels en région. Le Festival de la Rouge pouvait enfin être éligible, mais trop tard. Le risque devenait de plus en plus grand d’augmenter la dette.»

Au total, le montant de la faillite se chiffre à 430 000$.

Fraude impossible à surmonter

L'histoire de la fraude d'un ancien organisateur fut très difficile à surmonter au fil des années. «Les victimes de fraude sont malheureusement oubliées dans ce genre de cause. Au Québec, il n’existe aucun système qui permet de leur venir en aide financièrement. Bien que le fraudeur ait été déclaré coupable, qu’il ait fait de la prison, jamais il n’a remis les sommes qu’il a grugées!» d’expliquer amèrement Mme Constantin.

Le procès de Christian Paquette a été longuement documenté dans les médias régionaux. Sous sa gouverne déplore la présidente, l’homme a berné beaucoup de fournisseurs de services et des particuliers.

Les membres du CA tiennent à remercier tous nos partenaires et commanditaires qui ont été des plus participatifs et qui ont fait de ce Festival une réussite sociale et économique pour l’ensemble de la région.

Malgré la mauvaise nouvelle, La Grande Traite des gosseux et patenteux aura lieu cet été.