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Tristes mines à Saint-Faustin-Lac-Carré 0

Par Maxime Coursol

Les discussions ont été animées dans la salle Bellevue après la diffusion de Trou Story.

Les discussions ont été animées dans la salle Bellevue après la diffusion de Trou Story.

C'est devant une salle bondée qu'a été présenté jeudi soir, à Saint-Faustin-Lac-Carré, le documentaire Trou Story de Richard Desjardins et Robert Monderie. Plus d'une centaine de personnes de la région venaient voir l'œuvre qui soulève de nombreuses questions sur l'industrie minière au Québec et en Ontario.

Le film a suscité bien des réactions dans la salle. Un profond sentiment de révolte était palpable, que ce soit par rapport à l'impact environnemental d'une mine, à la façon dont l'industrie traite ses employés ou à la difficulté des gouvernements à sévir contre ces entreprises. Aussi, il n'a pas été long que les langues se sont déliées une fois le documentaire terminé, lorsqu'a été lancée une discussion animée par un porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Christian Simard.

La question de l'implication citoyenne

M. Simard a rapidement passé la parole au public, après une courte mise à jour sur la situation actuelle de l'industrie minière au Québec et le Plan Nord du gouvernement Charest. Lorsque son exposé s'est terminé, les questions ont aussitôt fusées. Le thème de prédilection: la Loi sur les mines, et comment la réformer. Les opinions ont été partagées entre M. Simard et le public avec beaucoup de verve.

Un autre sujet revenu fréquemment sur le tapis lors de la discussion a été sur ce que les citoyens pouvaient faire pour changer les choses. M. Simard a de son côté appelé à la mobilisation, et a suggéré différentes avenues, comme rejoindre un des organismes de la Coalition ou la manifestation. Il a d'ailleurs invité tous les gens présents à participer à une marche avec lui le 22 avril à Montréal. Cet appel a été entendu par plusieurs, dont Alain Chevalier, 61 ans: « J'ai bien l'intention d'y participer, a-t-il déclaré après la soirée. Il est temps au Québec que les gens honnêtes se mettent ensemble pour dire aux minières que c'est assez. » Une autre participante de la soirée, Catherine Ferland Blanchet, de l'organisme AGIR pour la Diable, était tout aussi contente de voir l'implication citoyenne être au centre des discussions. « C'est important de s'informer sur la problématique, mais surtout sur ce qu'on peut faire », a-t-elle lancé.

On peut donc considérer la soirée comme un succès. L'organisateur de l'événement pour le compte de la municipalité, Martin Genest, ne cachait pas sa fierté de voir tant de gens intéressés par l'industrie minière et ses conséquences sociales et environnementales. « Je m'attendais à 40 personnes tout au plus », a-t-il avoué, gonflé d'orgueil. Il espère maintenant que ces gens seront des allumeurs de conscience dans leur communauté. « C'est à ça que des films comme ça sert », conclut-il.